Pourquoi les colombiens aiment tant le cyclisme ?

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Si vous êtes de ceux qui suivent religieusement le tour de France, alors forcément vous vous êtes posé la question. Pourquoi y-a-t-il autant de coureurs colombiens ?

En 2018, 6 coureurs sur les 176 du tour de France étaient colombiens : cette proportion est énorme pour un pays non-européen, la deuxième derrière l’Australie. Il y a quelques jours encore, le colombien Egan Bernal a remporté le Paris-Nice, devant une autre star colombienne, Nairo Quintana. Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, le Tour de Catalogne a vu ce weekend le colombien Miguel Angel Lopez terminer premier.

Il y a bien une raison : la Colombie est absolument mordue de cyclisme et ça se voit. Tous les weekends, ils sont des milliers à enfourcher leurs vélos sur les routes.

Mais d’où vient cette passion ?

Une raison peut sembler anodine mais pourrait l’expliquer : la géographie colombienne.

Le pays est traversé par la Cordillère des Andes en son centre et la montagne est un terrain de jeu prisé des cyclistes. Le relief colombien se prête ainsi particulièrement bien à la pratique du sport.

La cordillère des Andes représente plus de 15% du territoire colombien, dont la portion la plus peuplée.

Et en effet, pour un grand nombre de champions colombiens, la passion du vélo est venue de son utilisation quotidienne. Cette raison a priori innocente explique néanmoins pourquoi la majorité des cyclistes colobmbiens sont originaires de deux régions : Antioquia et l’Altiplano Cundiboyacense, toutes deux régions motagneuses.

Nairo Quintana par exemple, star incontestée du cyclisme colombien, a dû, à l’âge de 15 ans, enfourcher son vélo pour se rendre au collège. Originaire du département de Boyacá, un des départements les plus montagneux au pays, il effectuait tous les jours le trajet de 21 kilomètres empruntant des pentes jusqu’à 8%. Il est également dit que, grand frère attentionné, il amarrait le vélo de sa sœur au sien pour qu’elle puisse se reposer. Pas étonnant dans ces conditions que Nairo et son frère soient tous deux devenus cyclistes professionnels.

Les cyclistes colombiens sont donc tout naturellement reconnus pour être des grimpeurs hors pairs, spécialement endurants. La rareté de l’oxygène en haute altitude fait partie de l’entrainement quotidien d’un cycliste colombien et lui confère un avantage clair au moment de courir sur les routes d’un Paris-Nice ou autre Giro.

La Vuelta de Colombie a débuté en 1954, à une époque où une grande partie du pays vivait toujours dans une économie traditionnelle, une organisation si rapide témoigne de la passion des colombiens pour le cyclisme.

C’est d’abord dans les années 80 et 90 qu’une longue génération dorée de colombiens a mis le pied “à la pédale” de tout un pays. Depuis, la passion s’est emparée de la jeunesse montagneuse (et urbaine) de Colombie et la génération actuelle de cyclistes colombiens semble, de l’avis de beaucoup d’experts, être la plus talentueuse de toutes.

Une autre illustration de la folie qui entoure le cyclisme particulièrement en Colombie, c’est la Ciclovía, inventée à Bogotá en 1974. Tous les dimanches, dans la plupart des grandes villes de Colombie sont fermés aux voitures des axes majeurs. De 7 heures à 14 heures, les habitants peuvent enfourcher leurs vélos et s’adonner à cette passion nationale. A Bogotá, ce sont 120 kilomètres de routes qui sont fermés chaque semaine. Cet événement a suscité des remous à travers le monde et ce sont des dizaines de pays qui ont désormais copié ce concept colombien.

Avec une telle politique publique, rien d’étonnant à ce que le cyclisme colombien soit si performant et si vous voulez notre avis, le prochain Tour de France pourrait bien être sud-américain dans les années à venir.

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