Portrait n°8 : Oscar, entrepreneur et associé du El Arranque à Medellin

Oscar Amel-Mou, 25 ans, est installé depuis plus de 5 ans à Medellin où il est entrepreneur. Entre son organisation étudiante et le bar dont il est associé, il est une figure connue de la communauté française de Medellin. En cette fin de mois de février, il a pris le temps de donner une interview à El Día Francés et de partager sa riche expérience du pays.

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Bonjour Oscar, première question pour toi : depuis quand es-tu installé en Colombie ? Où vis-tu aujourd’hui ?

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Je suis arrivé en Colombie pour des vacances en Octobre 2013. Je suis d’abord allé à Cali, puis j’ai décidé de rester en Colombie et je me suis installé à Medellin après une visite de la ville.

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Quelle est la principale raison pour laquelle tu as choisi la Colombie ? 

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Le climat est exceptionnel en Colombie, et surtout à Medellin. Aussi, tout me parait plus vivant ici. Il y a une certaine “facilité de vivre“. Je me sens beaucoup mieux ici, je me prends beaucoup moins la tête qu’en France …

J’ai également souhaité rester en Colombie pour progresser en espagnol, car après mes deux mois de vacances je sentais que ce n’était pas suffisant pour parler couramment la langue.

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Peux-tu nous présenter ton ou tes activités entrepreneuriales ?

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Comme j’étais le seul étudiant étranger à rester plus de 6 mois à l’université à Medellin, chaque nouveau semestre les étudiants internationaux me posaient des questions sur les bons plans et conseils. Petit à petit, j’ai organisé des événements pour eux : soirées, marches, voyages … Enfin, lorsque Quentin, un ami français est arrivé ici, on a décidé de ensemble monter une véritable organisation, MIEO Colombia, à l’image des associations Erasmus en Europe.

Au début, on a fait tout ça parce qu’il y avait un vrai besoin, on ne cherchait pas forcément à en vivre. C’est cette philosophie qui nous a permis de devenir en moins de 2 ans la plus grande organisation étudiante de Medellín : les profits sont toujours réinvestis dans l’organisation, et une partie est reversée dans des projets sociaux, par désir d’apporter un peu à cette ville qui nous donne tant. Notre prochain objectif est de louer et ameubler une grande “Casa MIEO”, qui serait le QG et centre culturel de l’organisation.

Oscar (à droite, avec son diabolo) organise des voyages étudiants via son association MIEO Colombia

A côté de cela, j’ai une autre activité entrepreneuriale puisque je suis associé d’un bar. Après avoir travaillé plusieurs mois dans un restaurant français, j’ai fini par être ami avec le patron (Pépé) qui m’a ensuite proposé de monter un bar à Medellin. Je n’avais ni expérience, ni capital. On s’est débrouillé et nous avons monté un bar à 3 associés, El Arranque Café Bar.

J’ai conscience que c’est assez extraordinaire de vivre ça à 25 ans. L’entreprenariat, c’est comme ça. Il faut tenter et ne pas se décourager facilement.

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Quelle est selon toi la clef du succès en Colombie, notamment lorsqu’on est français?

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Le réseau est très important en Colombie. Il faut entremêler relations professionnelles et relations amicales. Presque tout marche comme ça ici.

Le réseau de français est aussi très important ici. Il ne faut pas hésiter à le solliciter. Cela m’a été très utile.

Aussi, je pense qu’il faut être très ouvert aux opportunités. En Colombie, il y a énormément de choses à faire. Et il ne faut pas avoir peur de pousser les portes. Dans mon cas personnel, si j’étais resté en France je n’aurais jamais osé monter un bar et entreprendre comme je le fais aujourd’hui.

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Etre français est-il bien perçu dans le monde du travail/business ?

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Je pense que cela dépend du secteur dans lequel on travaille. Il y a du positif et du négatif. Dans mon cas, être étranger est très utile pour me connecter avec les internationaux. De l’autre côté, le contact est parfois difficile avec les gérants et patrons locaux.

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Quel conseil donnerais-tu à une personne souhaitant se lancer dans l’entrepreunariat en Colombie ?

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Comme je le disais, il ne faut pas se fermer des portes. Il faut tenter. La Colombie est une bonne destination pour entreprendre, car on a la possibilité d’échouer. L’échec ne coûte pas grand chose.

Avant de faire ce que je fais, j’ai eu plein de petites activités entrepreneuriales. Elles n’ont pas forcément échoués, mais je n’avais pas le temps pour les poursuivre. Et finalement, ce sont mes expériences passées qui m’ont amené à faire ce que je fais aujourd’hui.

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Peux-tu nous raconter une bonne et une mauvaise expérience que tu as eues en Colombie ?

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Lorsque j’étais à Cali (pendant mes vacances de deux mois), j’ai décidé de venir une semaine à Medellin pour visiter la ville et les universités. J’étais avec un ami au parque lleras (lieu de sortie très fréquenté des gringos) et nous avons été interpellé par un vieux monsieur. On a discuté et il nous a proposé de venir le lendemain dans son restaurant.

Le lendemain, on a décidé d’aller le voir, même si on pensait qu’il avait oublié toute cette histoire (car il était légèrement éméché le jour précédent). Nous avons mangé dans son restaurant, et au moment de payer l’addition, il nous a dit qu’il nous invitait. Puis, il a pris l’après-midi entière pour nous faire visiter Medellin à pied et en voiture.

Le soir, il nous a invité dans son bar (un autre établissement qu’il possédait) où il nous a offert des boissons. Puis, il nous a proposé de dormir gratuitement dans son hôtel. On a trouvé cela un peu bizarre tant ce monsieur était accueillant. Le lendemain, on a finalement accepté de dormir dans son hôtel, et rien ne nous est arrivé.

Cette bonne expérience est l’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de m’installer à Medellin.

La mauvaise expérience est une aggression que j’ai subie. De nuit, deux hommes m’ont menacé avec des couteaux pour que je leur cède mon vélo, et je n’ai évidemment pas résisté.

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Es-tu en contact avec la communauté des français de Colombie ? Aussi, penses-tu que l’entraide au sein de la communauté soit possible ?

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Si j’en suis là où je suis aujourd’hui, c’est en partie grâce aux français. Je suis d’ailleurs le créateur du groupe Facebook des français et francophones de Medellin. Beaucoup de français m’ont rendu des services, et c’est aussi grâce à eux que j’ai trouvé des emplois lorsque j’étais étudiant.

L’entraide dans la communauté est très présente et très utile car elle est nécessaire. Comme toute diaspora, on a besoin des autres pour avancer.

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L’équipe du El Arranque Café Bar au complet
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Vivien Léost

Co-fondateur d'El Día Francés.

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