Portrait n°7 : Francesco Merati, entrepreneur dans le vin à Bogota

Après de nombreuses années d’expérience, au contact de chefs, de vignerons et de consommateurs amoureux, Francesco a lancé avec un ami colombien sa société d’importation de vins, D&VIN. Passionné par le vin, il a une idée précise : faire connaître la diversité des régions et des vins français aux colombiens.
Il a accepté de donner une interview à  El Día Francés.

.

Bonjour Francesco, première question pour toi : depuis quand es-tu installé en Colombie ? Où vis-tu aujourd’hui ?

Je me suis installé en Colombie en mars 2015 et je vis à Bogota. 
J’étais déjà venu auparavant en Colombie puisque j’ai de la famille colombienne par alliance. 

Quelle est la principale raison pour laquelle tu as choisi la Colombie ? 

La principale raison de ma venue en Colombie est la création de mon entreprise, D&VIN, avec un associé colombien. Je l’ai rencontré en France et nous avons travaillé plusieurs années ensemble dans la restauration à Paris. A l’époque, on avait des contacts avec des producteurs locaux français, notamment dans le domaine viticole. 

Nous avons vu le potentiel de l’importation du vin en Colombie et nous avons donc décidé de nous lancer sur ce marché.

Peux-tu nous présenter ton activité entrepreneuriale ?

Je fais de l’importation de vins français pour le marché colombien. 

L’idée c’est d’apporter quelque chose de différent en Colombie, de proposer des vins qui sont moins connus mais de bonne qualité. Avant, les vins français importés en Colombie étaient toujours les mêmes.
Avec mon associé colombien, nous avons voulu faire connaître toute la diversité des vins français. Certaines régions françaises ont moins de renommé mais ont pourtant d’excellents vins.

Il y a deux marchés du vin en Colombie: les supermarchés et les restaurateurs. Dans les grandes surfaces, on va retrouver des vins « industriels » qui sont produits massivement. Dans les restaurants, on a plutôt des vins de qualité qui viennent de plus petits vignobles. Notre entreprise s’intéresse plus à cette seconde catégorie.

La consommation de vin est encore faible en Colombie, mais il y a une croissance exponentielle. Et les colombiens sont amateurs d’alcool et de nouveauté.

Quelle est selon toi la clef du succès en Colombie, notamment lorsqu’on est français?

La clef du succès en Colombie est de connaitre au mieux les fonctionnements de la société. Chaque activité fonctionne dans ce pays d’une certaine manière. Par exemple, nous travaillons beaucoup avec des restaurateurs. Et il faut comprendre comment ils travaillent, comment ils font fonctionner leurs affaires.

Bien connaître les codes et développer un réseau sont deux choses indispensables en Colombie.

Etre français est-il bien perçu dans le monde du travail/business ? 

Les colombiens sont très ouverts aux étrangers. Mais il y a bien sûr plusieurs types d’étrangers. Ils ne vont pas voir du même oeil un européen et vénézuélien. C’est un pays qui a été tellement fermé au monde pendant de nombreuses années, qu’ils sont désormais très ouverts aux autres.

Dans mon cas, j’ai trouvé l’intégration assez facile. On se fait rapidement des relations en Colombie. 

Du fait de mon activité dans le vin, être français est d’autant bien perçu.

Quel conseil donneriez-vous à une personne souhaitant se lancer dans l’entrepreunariat en Colombie ?

Mon conseil, du fait des problèmes administratifs que j’ai rencontrés, c’est de bien se renseigner sur les procédures légales et administratives. Il faut poser plus de questions aux fonctionnaires qu’ils ne donnent de réponses . 

Je pense qu’il faut aller plus loin dans l’investigation des démarches administratives. En général,  c’est plus compliqué que ce qui est écrit. Chaque fonctionnaire a une interprétation différente de la norme …

Pouvez-vous nous raconter une bonne et une mauvaise expérience que que vous avez eues en Colombie ?

La Colombie, c’est la bonne expérience en soi. C’est un pays « nouveau », en développement. C’est un pays qui permet de construire des choses. Ce n’est pas facile, mais il y a des opportunités. Ce que je fais en Colombie aurait été impossible en France. Il  y a tout de même plus de flexibilité en Colombie 

La mauvaise expérience, c’est l’instabilité de l’environnement normatif. Les taxes ont augmenté de 400% sur les vins. Cela est évidemment très contraignant. 

Niveau sécurité, je n’ai jamais eu de problème. Je n’ai pourtant suivi aucun conseil que les colombiens donnent …

Etes-vous en contact avec la communauté des français de Colombie ? Aussi, pensez-vous que l’entraide au sein de la communauté soit possible ?

Oui, je suis en contact avec la communauté français de Colombie. En général, la majorité des français qui viennent sont ici pour entreprendre. J’ai donc noué des liens avec plusieurs entrepreneurs français.

Il y a une certaine entraide au sein de la communauté qui peut être utile en temps voulu.

Les coordonnées de D&VIN se trouvent ici.

Partager l'article :
  • 157
    Partages
  • 157
    Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *