Portrait n°3: Sylvain, associé et chef du Café Cliché à Medellin

Originaire de Cahors, Sylvain (à gauche sur la photo) est associé et chef du réputé Café Cliché situé dans le quartier de Laureles. 
Il a accepté de répondre à nos questions pour ce troisième portrait.
Depuis quand êtes-vous installés en Colombie ? Où vivez-vous aujourd’hui ?

Je me suis installé à Medellin début 2017. J’avais déjà visité la Colombie deux fois avant de venir m’y installer. J’ai rejoint mon ami d’enfance Adrien qui avait déjà lancé l’entreprise.

Tous les deux on a déjà beaucoup voyagé, notamment en Asie. Mais on a choisi la Colombie.

Quelle est la principale raison pour laquelle vous avez choisi la Colombie? 

J’ai toujours voulu créer et posséder mon restaurant. Je viens moi-même du milieu de la restauration. En France, c’était impossible de lancer ma propre affaire, principalement pour des raisons financières. Le capital de départ est moins élevé en Colombie.

Même si les salaires restent moins importants en Colombie, la qualité de vie y est supérieure qu’en France. Le climat est exceptionnel ici, les colombiens sont très gentils, et etc. J’ai choisi Medellin parce que c’est pour moi la meilleure ville, pour y vivre et travailler.

Pouvez-vous présenter votre activité entrepreneuriale en Colombie? 

Adrien, mon associé, a créé l’entreprise il y a 3 ans. Le Café Cliché était alors un café bar. Par la suite, nous nous sommes associés pour agrandir le café et développer la restauration. On a élargi la carte et nous avons recruté de nouveaux employés. Il y avait 2 employés auparavant, ils sont désormais 5.

Le logo iconique du Café Cliché

Notre objectif est de proposer des produits de qualité à des prix accessibles pour le colombien moyen. Côté restauration, tout est fait maison. Cela implique plus de travail, mais c’est ce qui garanti la qualité de nos produits et des prix bas. Aussi, nous travaillons un maximum avec les producteurs locaux. Par exemple, nous avons nos propres légumes bio. 

Finalement, je fais ce que j’aurais aimé faire en France: travailler avec des producteurs bio, travailler avec des gens qui aiment leur métier, qui connaissent leur métier …

Cette approche qualité me parait essentielle. Proposer de la qualité à des prix abordables. 

Le Café Cliché organise régulièrement des soirées réunissant aussi bien des colombiens que des étrangers

A côté de cela, on organise des soirées au Café Cliché, notamment le mercredi soir qui est la soirée cinéma. On ne force personne à consommer. Quelqu’un qui n’a pas les moyens peut venir se poser dans un canapé et regarder le film.

Quelle est selon vous la clef du succès en Colombie, notamment lorsqu’on est français? (succès professionnel)

Selon moi, c’est le travail. Il faut beaucoup donner, et surtout le faire personnellement. C’est moi qui fait le ménage en ce moment, alors que je pourrais tout à fait payer un colombien pour le faire. Mais nous ne sommes pas là pour exploiter les colombiens.

Il me semble aussi très important de transmettre le savoir-faire français. Je suis formé à la cuisine française et je prends une attention toute particulière à partager mes connaissances à nos cuisiniers. 

La clef du succès, c’est aussi l’osmose entre l’employeur et l’employé, créer un lien avec le personnel. Cela contraste sensiblement avec ce qui se fait habituellement en Colombie. L’équipe du Café Cliché est une famille. Adrien et moi sommes amis depuis plus de 20 ans, nous nous sommes jamais brouillés, donc forcément ça aide.

La relation client me semble aussi primordiale. On porte beaucoup d’attention aux clients qui viennent au Café Cliché. 

Etre français est-il bien perçu dans le monde du business ?

Oui, être français est bien perçu notamment au niveau de la cuisine et de la restauration. C’est indéniable. 

Aussi, les colombiens peuvent voyager dans l’espace Schengen sans visa depuis deux ans. De plus en plus de colombiens s’européanisent. 

Il faut également savoir que la France est le premier employeur étranger en Colombie. 

Quel conseil donneriez-vous à un français souhaitant se lancer professionnellement en Colombie ?

Je dirais qu’il faut toujours proposer un bon rapport qualité/prix aux colombiens, notamment à Medellin. Les Paisas sont près de leurs sous. Même les personnes aisées cherchent à payer le juste prix.

Aussi, il ne faut pas baisser les bras, ne pas rester sur ses acquis. A l’exemple de ce qui se fait au Café Cliché, il faut sans cesse se renouveler, proposer et essayer de nouvelles choses. De l’autre côté, les Paisas sont assez traditionnels, quand bien même ils aiment la nouveauté. 

Pouvez-vous nous raconter une bonne et une mauvaise expérience que vous avez eues en Colombie ?

La bonne expérience, c’est de toujours redécouvrir les traditions, comme la fête de Noel. J’aime beaucoup cela. Ici, on voit des crèches partout. Je pense aussi à la fête des Lumières (noche de la velitas). Les colombiens restent attachés à ces traditions. En France, on a perdu cela.

La mauvaise expérience, ou du moins les mauvaises expériences, c’est le manque de professionnalisme des colombiens. Ils sont souvent en retard, ils ont des problèmes pour gérer les stocks, pour respecter les commandes … Donc, il faut les relancer, leur rappeler leurs engagement et etc. C’est vrai que c’est parfois fatigant. Mais on s’y habitue quand même. Il faut travailler en gardant cette donnée en tête.

Etes-vous en contact avec la communauté des français de Colombie? Cette communauté vous est-elle utile pour votre entreprise?

Oui, nous sommes en contact régulier avec la communauté des français via notre Café. Sinon, nous n’avons pas d’autres contacts, notamment avec les autres entités françaises.

Les français avec qui nous sommes en contact nous aident pour nos achats. Par exemple, pour acheter du beurre. On a nos contacts et ils nous sont utiles. Il y a de l’entraide entre français notamment pout les achats de matières premières ou autres. On se donne toujours les bon tuyaux pour trouver des produits peu communs en Colombie.

Les coordonnées du Café Cliché sont à retrouver ici.

L’intérieur du Café Cliché / Crédit: https://workfrom.co/cafe-cliche

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Vivien Léost

Co-fondateur d'El Día Francés.

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